29.08.2005
I'm lonely (but i ain't that lonely yet)
Au chapitre des réconforts lecture de Conrad, contemplation de lianes émouvantes et diaphanes qui ondulent vers un été finissant et l'élégance de G. dans son désespoir, profond, réel, sans rémission, qu'on devine appuyé par une conscience cuisante et précise. Il ne fait pas de son détachement une facilité trempée de dédain, il l'a muté en tendresse, il pardonne en prévision des souffrances à venir et donc il se tait, souvent, ressource son regard plus loin et le ramène vers vous comme le font les frères dans un demi sourire "car, l'essentiel, ami, est porté sur les épaules."
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26.08.2005
Viva las vegas
Les immenses pièges, deux pierres d'eau, à fond d'abysses, souvenirs noyés, délices. Les gosiers et leurs bruits répugnants semblent si loin, si contraires à votre gorge qui fait silence à la manière des temples.
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25.08.2005
The air near my fingers
Considérons le mensonge dans l'humain et tentons de mesurer le point où il se cannibalise lui même pour se recréer, en quelques façons, une motricité de chose sacrée et vivante. Nous voici sur les crêtes vertigineuses d'un geste / d'une parole qui avec sa généalogie de mensonges, puise sa force dans tout un réseau antérieur de falsifications, de dissimulations, de négations méthodiques pour se délier avec souplesse et naturel, engendrer d'autres reniements échangés comme entre fauves.
16:45 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note
19.08.2005
Pas de plan B
Mystification des voiles à peine pudiques qu'on lance sur quoi déjà ?
Non, trop de mots, de phrases dites pour rien, dites mille fois avant et puis que dire de vos rictus ? Simule, âcre, si au moins tu claquais animal... mais non. Spectateur ! Un qui singe dans sa tête des parcours de comètes. Ce qu'il y a de bien avec ses propres cloaques c'est que, à leurs périphéries, ça rend badin et cyclothymique. J'écris ça du fond de l'un d'eux, je crois, et j'écoute Coltrane. C'est bien au moins dans ces jours retranchés du ciel, il donne corps à cette impression : les morts semblent avoir des souffles de survivants. Fucking happy end.
23:21 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note
16.08.2005
Stay Hungry
Pourquoi faut il chérir ces instants transportés où l'on a une pitié nue de soi ? Parce que voilà autant de repris à la boue des postures, à l'adhésion gluante qu'il faut fournir chaque jour et toujours. C'est au large et puis loin en soi et puis loin de soi que se trouve la ligne des brasiers où tout est sursis.
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14.08.2005
Eaux
C'est dans l'enfance des secondes que tout se décide, ce qui obsédera avec le bruit d'un collier de perles se promenant sur une lame, ce qui concentrera les rythmes des nuits et des jours et l'intime couleur des rêves. Les mêmes bruits de pas ponctués d'un coeur battant qu'on peuple pourtant si différemment de notre onde seule, celle qu'on brise ou épuise, celle qu'on abreuve, celle qui murmure ou hurle dans le mystère des jours.
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12.08.2005
Try again (or not)
Ce qui la surprenait au delà du fumet puant du monde, c'était la capacité des êtres à nier jusque dans l'horreur, jusque dans l'abîme. D'une certaine manière l'espoir s'étendait dans un champs des possibles puisqu'on avait nié jusqu'au bord du vide, on avait nié tout notre soûl et on avait parfumé nos souffles à l'haleine des crevasses. Certains corps bougeaient encore dans l'air stagnant pour dire qu'il restait à faire des choix c'est à dire à survivre, se débattre et crever, debout de préférence, rire comme on est grave avec la même stridence. Oui elle l'avait lu hier, si la loi était de s'ignorer pour sauver ses organes alors il fallait s'imposer dans chaque instant comme un intrus.
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