« 2005-10 | Page d'accueil
| 2005-12 »
26.11.2005
The wedge
Je suis sorti du bâtiment, son infection tiédie, sa puanteur domestiquée. L'air dehors fût une gifle glaciale et claire. Je ne connais rien tu sais, mais là j'ai compris la délicieuse entaille sur le dessus de l'âme, celle qui nous sépare parfaitement des nôtres, accompagnée d'une forme d'orgueil idiot, celle qui ajuste un équilibre bizarre : pour une blessure patiemment subie s'ouvre un ravin, un repli béant et opaque où ensevelir les cons et leur domaine. Il faut braire n'est ce pas ? Bouger, être abject et faire mine de porter haut ? Pour chaque blessure le réconfort d'un tombeau, creusé pour eux, pour leurs injures. La dette, elle se videra au son des fragments de terre et dans un chant de crissements étouffés. Ce sera l'avénement d'un sol silencieux et nu comme un baume.
23:57 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note
22.11.2005
Dead leaves and the dirty ground
T'es jeté sur un carton dans le froid mais, au fond, qu'est ce qui nous sépare ? Ma graisse et mes quelques centaines d'euros de loyer. T'abandonnes, je me soumets. Tu créves et je t'écoute à peine, ma conscience au chaud et tes rêves à moins de zéro. Je note : il te manque une chaussure.
Il faudrait que la ville avance la tête figée dans ses froids airs de fête la chair des pieds brûlée.
22:05 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note
17.11.2005
Question mark
Dans quelle mesure me regardez vous comme une simple ornementation du réel ?
22:20 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note
15.11.2005
Une autre introduction
souveraineté des matins au bord du jour
sans promesse
sinon celle drapée
dans leur pâle chair de brume
06:55 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note
07.11.2005
08
Quand l'épreuve atteint un stade, en quelque sorte, de saturation, j'y fais un pas de plus, je m'y construis une demeure. La violence que l'on m'impose désincarnée, je la peuple, je l'enlace et je lui donne cette présence de marbre fendillé, la parole du vent dans la pierre. Je lui donne ses jambes, à elle, qui les avait de chair brune, glissantes dans la pénombre, de provoquants totems, mats, plantés haut dans le sol jonchés de souvenirs, ses yeux de joie, ses boucles où s'incrustaient les astres. Je lui donne une ombre, celle de l'absent éternel tel que, une dernière fois, je l'ai vu, seul, assis parmi les tables, derrière une vitre qui luisait, seul d'une solitude limpide, crue, c'était lui, il partait, et, sans doute, je n'avais rien à lui dire. Je lui céde les voix qu'on éteint soi-même ou qui le sont par le travail des jours , des routes qu'on trace, de nos vies qu'on scande par ce qui demeure loin, ah le plus loin de ce qui brûle, oui, et puis de mots en trop car le désert c'est toujours un peu trop pur, un peu trop là, on y est toujours un peu trop face à nous-même, surtout il faut y être, présent et s'y tenir debout.
21:45 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note
04.11.2005
Black Math
La liberté aura pour moi une odeur de terre et de feuilles mouillées ressemblant aux exhalaisons métalliques du sang répandu. Un sillage à la suite du jour servile, pénétrant et comme lavé dans l'ombre, dans la nuit, dans la nuit du coeur contenté.
20:55 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note


