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29.12.2005

66 in 2005

Aujourd'hui comme un corps de neige ployant sous la pression des mains, pétri de noblesse et de boue.

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23.12.2005

Attendre ii

Souvent les hommes sont des "moignons d'hommes" dit Bernanos. Ne nous demande-t-on pas d'être inoffensifs, et de nous laisser lentement pourrir ? Cette interrogation dispersée ici n'est elle pas, elle même, inoffensive et lentement pourrie ? On veut que tout ce qui s'avance, en somme, soit de l'ordre de la prothèse.

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Attendre

Oui j'attendais, j'attendais la rue, le soir, dans la lecture de Bernanos qui me dressait les os dans la viande. Voici les pages séchées, et l'absolu, les voix dévorantes. Tout est là, par le gouffre au dedans du ventre qui s'anime sur des bouts de papier et pourtant la rue passe, traverse froide, sans visage, sans amour et sans vie.

Il en est ainsi "des moignons d'hommes".

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17.12.2005

Pablo Honey

La pulpe arrondie, arrogante et laiteuse, sur laquelle baignait vibrante une perle carnée, était un pâle appel à la morsure.
Je crois que j'attendais.

22:12 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note

15.12.2005

Chemin

On garde le souvenir de ses yeux et de sa lèvre meurtrie comme on garde celui du chemin
du Champ de blé aux corbeaux, extirpé des nuées, qui coupe la mer du monde en deux et qui dit: voici le bel, le douloureux enchantement que laisse la lame.

20:05 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note

11.12.2005

Sand brothers

Tous les deux on est debout avec J., sortis du métro, la place de Clichy est devenue brune et glacée, quelques lumières pour souligner qu'il ne reste plus rien du jour. D'ailleurs J. que reste-t-il ? Des fantômes immenses de faiblesse et je ne dis pas ça pour le style, je veux dire, je te pose cette question là, ici que j'aurais pu te poser dans les yeux, mais non, ici, alors quoi d'autre que l'ombre et que la faiblesse quand ça compte ? On se répond poliment, au fond, dans de petits rictus tordus. Je te dis ça, je sais bien que ça a quelquechose de foutu. Je te dis ça en tant que somme conséquente de démissions qui me répondent dans une parfaite symétrie. Je te dis ça et là, crois moi, tu es comme un frère.

21:30 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note

08.12.2005

Decisive pink

Je regardais les images très vite, sans détailler, juste pour laisser naître la tension des éléments, ce qui avait été jeté dans un geste qui fouillait la chair, qui venait de là et de plus loin, dans l'espace commun des odeurs, du sang, du jour, de l'oubli du jour, cet endroit où tout se mêle avec voracité, d'où jaillit un souffle sublime et où tout retombe, exsangue, rendu à l'immobilité impénétrable.

17:29 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note

07.12.2005

Marchands d'esclaves jetant à la mer morts et moribonds - le typhon s'approche 1839-1840

Mat bateau loin couchant Turner eaux rouges "la mer la plus noble jamais peinte par l'homme" couleurs lumière loin rouges intérieurs images matière rouge cheveux d'eau loin or silence matière loin naufrage lumière

08:45 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note

05.12.2005

Le coup de grâce

La supériorité de la peinture, d'une certaine catégorie d'images ou de la musique sur la littérature consiste en ceci qu'elles peuvent en une seule irruption dévorer et remplacer toute l'histoire des mots qui se sont succédés avant elles.

 

 

(...)
"Sort un sang vermeil qui fume et qui bout,
De ce corps cruel que son crime absout ;
Le torrent rompait les digues de l'âme,
Noyait la pensée, et bouleversait
Tout sur son passage, et rebondissait
Souple et dévorant comme de la flamme,
Et puis se glaçait.”

Paul Verlaine - Poémes saturniens

10:45 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note

03.12.2005

Look for the silver lining

intimité brusque et terrible d'une âme qui s'est invitée
jusque dans les rêves
présence en forme de fébriles prières
l'eau qui claque en segments sur la pierre et la fêlure de vous

21:37 Publié dans Mots | Lien permanent | Envoyer cette note

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