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30.01.2006
Réel marchand
Cà et là je lis et j'entends cette merveilleuse idée que peut être il faudrait inverser ce à quoi on donne un poids, parce qu'en se laissant complaisamment emporter par la marche du monde, il ne subsiste que des rapports marchands jusque dans le domaine de l'intime et que, par extension, en dehors de ces rapports - auxquels on ne s'oppose plus, qu'on ne questionne plus - plus rien ne semble possible de manière durable, plus rien d'autre que des bulles éphémères d'échanges humains, inoffensives, privées, sans conséquence politique, ne contribuant qu'à rendre plus tolérable, à resserrer l'étreinte (permanente quant à elle) des stratégies d'offres, de demandes et de satisfaction des besoins en objets. Mais quand on a dit ça on a strictement rien dit qui n'ait été asséné 1000 fois, 10000 fois, 100000 fois. La critique se cantonne à n'être qu'un simulacre de critique parce qu'elle ne veut pas se confronter à sa peur de la "sauvagerie des déserts" (Ernst Jünger) qui pourrait découler d'une démolition des bases du "réel marchand" et donc de la forme actuelle des rapports entre les êtres. La nuit possible, la cruauté, l'angoisse animale, la mort. Ce n'est que dans des coeurs qui ont le savoir de ces convulsions que la naissance de chaque jour devient plus brûlante et une pensée en acte plus nécessaire comme la tige souple maintient le funambule au dessus du vide.
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26.01.2006
Oh well, okay
Son visage disait simplement l'amour, cette équation de chair dérisoire disait l'amour et l'évidence, les irradiait littéralement par ses courbes, par son tissu tendu de veines sur lequel se répercutait le petit matin froid.
Aujourd'hui dites amour et vous n'obtiendrez que des ricanements.
Il suffisait de regarder ce visage et c'était le silence. On se taisait car tout semblait naître.
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05.01.2006
Amber evening sun
Il y a des nuits lourdes comme des glaives. Je dis glaives, j'aurais pu dire des tonnes de ciment qui enserrent une paire de chevilles. C'est juste que, plus exactement, la lumière à ces moments semblait disparaitre sur un visage de métal émacié plongeant dans une permanence intraduisible de ténèbres, dans un flot noir qui t'allongeait , te rendait tremblant et peureux parce que c'était quelquechose de la mort, quelquechose d'une vague immense retirée qui, là, te jaugeait.
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