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30.04.2006

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Je vous parle ici et je n'ai même jamais posé honnêtement et sincérement la question de la validité de tout ça. Je m'étend, et je pose avec mes petites phrases un rien ruminées et les images qui vont avec, en digne produit de ma génération nourrie au lait de l'idiotvisuel.
Je veux dire que si un truc fait sens ici c'est très exactement parce qu'il n'a aucune valeur. Toujours les même dix images, la même trentaine de mots pour tenter de partager l'expérience et sa brûlure, ce cratêre ouvert où le monde s'engouffre, pénétre, envahit et dévore tout jusqu'au souffle, au(x) sens, jusqu'au langage, ce petit courage de tous les jours qui consiste à porter ce corps de viande et à donner un nom aux choses.

Quelquefois un continent innommé et qui le sera à tout jamais s'étend et nous absorbe dans ses frontières et son espace, nous parle et nous submerge en une multiplicité de signes et de sensations. Alors oui, il y a quelquechose de comiquement dérisoire à se tenir là debout ou assis et à tenter par des mots et des images de traduire quelquechose qui ne se laissera enfermer dans rien, sinon dans une folie tremblante de toute façon silencieuse pour toute conscience extérieure à ma peau. L'expérience n'a rien d'un partage. L'essentiel s'expérimente en exilé parce que l'expérience véritable est une suite de suggestions partielles de ces moments limites où nous arrivons et repartons seuls, vers ce pays qui n'a pas de nom, pour lequel on n'a pas de mot.

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19.04.2006

Coltrane

Coltrane c'est l'animalité du son balbutiante et pure, l'expression d'une "honnêteté" première des corps, sommeillant quelquepart loin sous les peaux, sous les coeurs et les langues, au large des pouvoirs et des contraintes. Rugosité primale du son de Coltrane donc, dense, heurté mais qui par instant se transmue en une matière diaphane, un tissu poétique fluide tissé dans l'infini et ses harmonies.

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07.04.2006

Superunknown

Il y a l'étreinte qui cloue le corps et l'âme. Et puis dans l'épuisement, la plénitude et les saveurs d'une terre brûlée.

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