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20.06.2006
Organ Donor
Je vois la peinture de C., je vois sa poésie et le doute qui l'habite, le mystère de ses cadrages et je m'aperçois qu'on est bien trop souvent dans le commentaire des actes, de création en particulier, qui se déploient dans un temps spécifique : celui de l'évenement. Une alchimie s'opére, un changement, un déplacement quelquefois imperceptible prend place et finit par faire bouger le monde sur son axe. Car c'est cela qui compte et rien d'autre. Tout acte ne devrait être jugé qu'à l'aune de sa capacité à modifier le réel. Dans son espoir ou sa haine.
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12.06.2006
juillet 2005
Puisque dire c'est déjà trop dire, peindre trop peindre, puisque concevoir une musique c'est déjà participer au vacarme, alors il faut guetter dans tout cela les traces de perdition c'est à dire des formes d'expérience du monde dévastées par l'impossibilité de les rendre lisibles hors de soi c'est à dire accepter l'exil irréductible de ta peau à la mienne c'est à dire notre autre forme de liberté c'est à dire notre autre forme d'incandescence.
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11.06.2006
The drum thing
Déluge de chair encore, toujours quand la ville se fait moîte et qui transforme les ballades à pied en déambulations hallucinées. Il y a bien sûr une attraction sexuelle vers tous ces corps, toutes ces courbes vibrantes, suspendues dans la chaleur, mais, comme toute tension, sa propagation continue et repétée lasse les sens. Le corps de la femme s'imprime en réalité dès lors que ce stade d'appétit purement sensuel est dépassé, quand l'air se raréfie autour d'une démarche et d'un rythme, de la posture d'un cou, de l'épure d'un sourire ou d'un geste. Alors, certaines fois, au creux de la femme devenue ligne, devenue cette sorte de présence calligraphique, on peut trouver la méditation. On peut trouver l'oubli.
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03.06.2006
Focused
Pourquoi est ce que j'aime la photographie ? Parce que c'est le lieu où le temps s'exprime sur un fil de rasoir. L'instant y est pour toujours et ne sera pourtant jamais plus. La photographie est cette coupure dont je traquerai jusqu'à la fin le goût du sang.
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