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28.02.2007

Substance

On croyait aux papillons noirs qui flottaient dans l'air d'après la pluie. Innombrables, ils appartenaient au nouveau monde qui succédait à l'averse comme la vapeur en suspension au dessus du sol mouillé. Qui pouvait douter de l'infini devant le ballet effectué par cette masse sombre d'ailes silencieuses dans la trame dorée du soleil ? La terre avait les senteurs d'une peau salée et portait ses prodiges jusque dans nos fibres. Echoués sur le bord de cette scène de massacre splendide, car la lumière s'éxécutait elle même avec une fluidité et une légéreté de gaze, nous tremblions. Le crépuscule avait enfanté une robe et cette robe s'écartait, puis, dans le même mouvement, par la simple magie de son sillage, comblait et éteignait la soif du corps nu.

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21.02.2007

Sea legs

"il apparait que les masses ont tort et les individus toujours raison". Je n'ai jamais rien compris à cette phrase jusqu'à ce jour où je l'aperçus, ivre à rebours, heureux parmi les descentes des autres, rayonnant d'une joie fraîche, semblable à celle d'un faon qui danserait dans un champ de sépulcres, animé d'une vitalité grotesque et pure. Ainsi donc le piége c'était ça : le temps imposé, celui de l'ordre et du nombre. Et lui le révoquait d'un rictus compact. Il fallait surgir dans l'angle mort de la durée, dans l'instant ravagé par la communauté falsifiée des destins. En retard. Heureux pour demain.

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12.02.2007

Crosseyed and painless

Lieu commun. La communauté, ou, plus exactement, les espaces de compromission d'une communauté s'imposent trop souvent comme des préalables indispensables à la réception d'un langage.
Vomir. Etre un judas.

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10.02.2007

Hello again

Je me tenais là, stupéfait, entre ses jambes souples, observant son abandon ou celui qu'elle imitait avec cette virtuosité magnifique et monstrueuse. Quelques années auparavant, le lieu et le moment auraient été un refuge doux, retiré des glaciations vivaces qui enserrent le coeur, tous les coeurs du dehors. Mais le temps imprime ses nervures obscènes et des questions plus nombreuses grouillent sur des sommeils plus maigres.

Ensevelis par la nuit de la chambre, je sentis nos sangs gronder. Elle libéra d'entre ses dents blanches comme des os un genre de soupir métallique, et le cosmos grinça, tournoyant dans le fond de sa bouche. 

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02.02.2007

2005, Juillet

La solitude brûle d'un air de braise, aussi mêlons nos poisons communs, nos entrelacs de noire salive où mouillent le murmure d'épaves aqueuses et nos serments de naufrage et nos poumons de peau tendue. Apnée, passion au souffle minéral, dire nos épaves et puis se taire.

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