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25.01.2008

Echo canyon

Je m'interrogeais en regardant la scène magnifique de poursuite en voitures sous pluie noire et battante qui hante "we own the night" de James Gray. Je m'interrogeais sur la tragédie. Plus j'y pense plus il me semble que la tragédie n'a rien a voir avec une "ambiance". Il faut voir ce film pour bien comprendre ce que je veux dire par là, tant je crois que j'aurai des difficultés à traduire cette sorte de stupeur glacée, cette évidence de la fatalité et qui, par la même, disloque toute "ambiance" et tout élément cosmétique.
Ce qui se joue là est intimement connecté à l'essence même de nos vies.
Un autre élément frappant de la tragédie, en tout cas celle qui se déploie dans cette scène, dans ce film, c'est le  parfait corps à corps de la beauté et de l'horreur, le geste qu'on voit comme dans une nuit sans retour, l'équilibre qui jaillit du vide, de l'appétit du vide, et de cette force vitale qui voudrait, dans cet instant figé, embrasser le monde sur les lèvres avec la dernière énergie, la plus belle, celle vers laquelle tout mène, celle qu'on voudrait éterniser pour jamais car elle va clore toutes les autres et mettre fin à toute cette terreur mêlée d'amour.

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