« Golden years | Page d'accueil | Two cool rock chicks listening to Neu »
31.01.2008
Getting my heart back together again
Il faut admettre que la plupart du temps, dans nos contrées gonflées d'abondance, "produire de l'art" n'a pas grand chose à voir avec créer.
C'est plutôt une façon détournée de faire référence à cette abondance, à ces sentiments liés à l'abondance, à ces sensations générées dans une distance de la vie, qu'on fait passer pour la trame commune des expériences du monde sensible.
Parler, créer, hurler, aujourd'hui, sont des activités secondaires par rapport au fait de posséder. C'est pourquoi dans la majorité des cas, ce sont des activités qui font l'économie de l'effondrement de la culture comme roue du pouvoir, cette chute qui rendrait nécessaire une affirmation enfiévrée d'une vie frémissante, combattante, suprême, y compris dans le chaos le plus total ou sous l'oppression de l'ordre qui va jusqu'à faire abdiquer les âmes.
Il n'y a pas de besoin de l'art, ni de ses fétiches. Comme l'écrivait Raoul Vaneigem,"qui va au fond de soi sait comment construire le monde au verso des ruines qui l’encombrent". Chaque jour passe, son angoisse diffuse s'y est dénouée quelques secondes devant un sourire, un regard, une suite d'images ou de mots qui formaient un pays.
Je passais hier au soir dans la cour carrée du Louvres et, sous un porche, quelqu'un jouait du trombone. Sa musique résonnait dans les lumières géométriques frappant les parois de l'immense architecture. La cour était glacée et la chaude plainte du trombone, roulait seule jusqu'à moi comme un chant d'espoir et puis me parlait.
06:55 Publié dans Mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Les commentaires sont fermés.