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29.02.2008
Arianne
Le métro comme ces différents endroits sur la planète où ils nous faut transformer en une terre amie un espace résolument conçu contre nous, le métro donc, pousse l'humain civilisé en deçà de sa zone de confort. Il doit alors composer, se mettre en scène, l'essentiel étant de se donner une assurance extérieure parmi le bruit, dans la puanteur, devant ces autres êtres qui semblent se tenir ici pour l'accompagner ou le jauger. Il faut surtout oublier d'être là ou, si cela est impossible, mettre le plus de distance entre soi et cet univers qui peut être un sous-enfer pour quelques minutes.
Je souffre parfois dans ce contexte mais j'essaie d'avoir une empathie pour ceux qui, manifestement, souffrent encore plus.
Certains jours noirs, sous les néons crasseux, toutes ces âmes compressées dans les rames me font l'impression d'une seule et immense agonie techniquement organisée. Un jour je croise une belle jeune femme asiatique, une virgule rouge en forme de lèvres, les yeux fermés en de longues amandes effilées. Elle dort, parfaitement. Le visage stable et calme, qui transforme tout alentour en élément incongru, vulgaire, perturbant. C'était comme si elle invitait dans son sommeil ceux qui le voulaient. Dans ses rêves, on devinait que le métro n'était pas ce vers roulant dans les entrailles, il était peut être une promenade aérienne dans des paysages de neige.
Y'avait-il des réponses ? Je ne savais pas. Je savais cette élégance des âmes.
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25.02.2008
Unfinished Sympathy
Quelquefois (pas souvent) je reçois quelques messages qui raillent le soi disant "lyrisme" suranné et ridicule de ce que j'écris ici, la pose insupportable des images. Je me permets de le préciser ici comme une note mentale afin de ne pas être méprisant. C'est important. Ces commentaires n'ont pas d'impact car ils ne communiquent rien, je ne peux même pas les utiliser comme "carburant" pour nourrir une colère, un orgueil piqué au vif. Il s'agit simplement d'un enchainement de mots qui n'évoquent rien pour moi. Malgré tout, peut être que les personnes qui sont derrière tentent de me dire quelquechose, de m'aider en pointant d'une certaine manière une forme de bêtise et je ne le comprends simplement pas. Je tente de prendre acte du fait qu'il y a eu une volonté de prise de contact, peut être maladroite, peut être pertinente dans une langue qui n'est pas la mienne. Je tente d'en prendre acte en créant cette note.
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24.02.2008
Not
Et aujourd'hui je sais que la lumière est un million de fois plus douce, plus belle, plus vive et profonde lorsqu'elle renverse comme des quilles les charognards qui se délectent de l'imposture.
17:05 Publié dans Mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Maybe
... et parce que la magie existe puisque cet homme est parvenu à transformer un plafond de béton, joyeux comme la dalle d'une tombe, en galaxie embrasée d'étoiles, dansantes au dessus de sa tête.
14:25 Publié dans Mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.02.2008
Song for the man
Je suis rentré en métro et vers la station Liège déserte ily avait deux hommes sans doute ivres, dont un allongé dans son sac de couchage en train de tranquillement fixer le plafond, dégustant sa cigarette. Tous sans exception dans la rame regardent cet homme avec envie. Ils voient bien qu'il a des astres qui gravitent paisiblement autour de lui. Il a choisi de s'allonger là, bien sûr, principalement parce qu'il est en fait debout.
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Lighthearted iii (pour le monologue murmuré)
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22.02.2008
Bridges and balloons
(mars 2005)
On marchait sous le manteau du ciel, sous sa mousseline de fer et sa gloire dévorante de lumières et d'ombres.
Je vous le dis j'aurais bien pu mourir là bas sur le chemin parce qu'il y'avait tout. Le jour vibrait, on sentait les ténébres dans l'air humide. J'aurais pu mourir et j'étais grand. Grand des larmes du dôme en trombe, son acier triste et liquide. Grand du sang qui ruait sous la peau battue par le souffle du bord de l'horizon.
Après des jours comme celui-ci, on sait le glas qui finira par arriver. A l'heure de la Faucheuse et du festin des vers, on se vengera alors en nourrissant l'ordure d'Eternité.
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21.02.2008
Lighthearted ii
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20.02.2008
Lighthearted
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17.02.2008
Behind the curtain
De temps à autre je m'interroge aussi sur le sens de ce carnet, non pas véritablement sur son intêret (après tout, chacun en fonction de son expérience peut toujours tirer un enseignement de ce qui est médiocre comme de ce qui est bon) mais sur son sens. C'est un peu comme si toutes ces phrases alignées ici, et puis les images ailleurs, circonscrivaient une périphérie, une marge, des sensations distinctes que j'aurais temporairement réussies à formuler à une distance respectable de ce qui s'agite, de ce qui ne demande même pas à se faire connaître, de ce qui a fait de l'inexprimé sa planète où le temps est une syncope foudroyante des secondes, rendant dérisoires les postures et le constant besoin de témoigner.
Malgré tout il faut aller peu importe où, en semant sur sa route quelques pierres et puis aussi quelques appels pour se convaincre que, non, l'heure n'est pas encore venue de céder aux ravissements des précipices, même s'il est entendu que ces régions sont les plus diamétralement opposées à celles qui relèveraient du choix.
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